Danièle Metthey

Daniele Metthey

Danièle Metthey

Juive ashkénaze, rien ne me prédisposait à devenir celle que je suis maintenant. Née avant la deuxième guerre mondiale, je fus une enfant cachée, une rescapée de la Shoah.

Enfant, puis adolescente, mes préoccupations étaient surtout d’ordre matériel. Ma famille avait tout perdu pendant la guerre, mon père avait été déporté (il s’en est sorti), et il fallait repartir à zéro.
Traumatisée par tout ce que j’avais pu connaître, j’étais une jeune fille perturbée, et Dieu était bien loin de mes pensées. Et pourtant, Il veillait sur moi; Il a toujours mis sur ma route des gens qui m’ont aidée à m’en sortir. Je demeurais néanmoins quelqu’un d’angoissé, avide de sécurité.

Je me suis mariée à 22 ans, et, très vite nous avons eu nos quatre enfants. Toute mon attention était alors tournée vers leur bien-être et celui de mon mari, puis de la situation professionnelle de celui-ci lorsqu’il se mit à son compte et que j’assurai la gestion de son affaire.
C’est notre dernier fils, Vincent, qui s’est marié le premier. Le “hasard” a voulu qu’il trouve un logement voisin d’un couple chrétien avec lequel Vincent et sa femme sont vite devenus amis. C’est par eux qu’ils ont entendu l’Evangile de Jésus.

Et c’est là le tournant de ma vie. Vincent et son épouse étaient tellement enthousiasmés par ce qu’ils vivaient, qu’ils désiraient en faire bénéficier toute la famille. Ils nous parlaient de leur découverte, témoignaient d’une foi profonde en Dieu par Jésus et montraient un grand intérêt pour la Bible. Mais j’étais très réticente, voire hostile. Et quand Vincent m’a offert ma première Bible, il m’a fallu du temps avant de l’ouvrir.
Pourtant, ce que Vincent et sa femme (puis notre fille et son époux, devenus croyants en Jésus entre-temps) avaient semé germait progressivement. J’étais quand même interpellée par les transformations que je voyais en eux, par leur joie de vivre, quelles que soient les circonstances, et, petit à petit, j’eus envie de partager leur expérience.
Ne croyant même pas en Dieu, je lui demandais de m’envoyer des signes pour prouver son existence, ce qu’il fit. Bigre ! Les enfants avaient-ils dit vrai ?

Je me décidais enfin à ouvrir ma Bible. Et alors là, toutes mes racines juives sont remontées à la surface, en lisant à la fois l’Ancien et le Nouveau Testament, je retrouvais mon identité juive ! Enfin ! Ma curiosité était de plus en plus excitée, et plus je lisais, plus je faisais connaissance avec le Judaïsme, et plus je constatais ce que le monde chrétien devait au Judaïsme. Moi qui, depuis la guerre, cachais mes origines, je devenais fière d’être juive !
Quant à Jésus, c’était le blocage complet ! Jusqu’à ce que je rencontre un Pasteur qui me dise : “Tu peux lire la Bible mille fois, entendre mille témoignages, tu ne croiras pas que Jésus est Fils de Dieu et qu’il est mort pour toi sur la croix, tout simplement parce que tu es juive. Alors, je vais te lancer un défi : tu vas prier pour que Jésus vienne te dire tout cela lui-même !” Je pensais : “celui-là, il est un peu cinglé !”. Mais après tout, il était bien gentil, ce Pasteur ; et nous autres, Juifs, nous aimons relever les défis ! Alors, je priai.

Et, pendant une semaine, les signes se multiplièrent. L’aînée de nos petites filles fut guérie miraculeusement d’une otite tenace. Notre affaire connaissait alors de sérieuses difficultés, et, l’un de nos fils, technicien essentiel à notre activité, venait d’avoir un grave accident de moto qui le tenait cloué à l’hôpital pour trois mois. Les professionnels étaient rarissimes dans cette spécialité ; or, du jour au lendemain, nous trouvâmes la personne adéquate. J’étais de plus en plus intriguée, et, un soir, accompagnée de mon gendre et d’une amie, j’allai écouter le message du Pasteur dans l’Assemblée Protestante qu’ils fréquentaient. Les chants, le message, la joie et l’amour des gens, tout me parlait. Si bien que lorsque le Pasteur demanda aux gens qui désiraient rencontrer Jésus de s’approcher, je me levai, tel un ressort, et, sans m’apercevoir que j’écrasais les pieds de mes voisins, je m’élançai vers le Pasteur, comme si j’allais rater mon dernier métro !
Mais j’étais encore sceptique ! Eh bien, trois jours plus tard, j’eus effectivement la révélation de Jésus ! Le Pasteur n’était pas fou ! Immédiatement, je me sentis envahie d’une paix profonde. Moi qui, depuis quelques années, palliais mon anxiété en fumant, et ne pouvais m’endormir sans somnifère, je pus envoyer promener cigarettes et pilules : je n’en avais plus besoin ! Quels que soient nos problèmes, je remplaçais la cigarette par la prière, sachant que Jésus interviendrait dans ma vie, Il me l’avait déjà prouvé.

Et ce n’est pas tout ! Intrigué par tous les changements qu’il voyait autour de lui, mon mari accepta Jésus un an plus tard. Et là, ce fut notre couple qui fut transformé. Au fil des ans, nous étions devenus “des associés qui partageaient le même lit”! Très vite, nos conversations devinrent plus intime : la communication était rétablie entre nous ! Nous étions sur la même fréquence, et ce que nous ne pouvions nous dire normalement, nous le faisions en priant ensemble. Nos enfants étaient étonnés d’entendre les mots gentils et tendres remplacer nos “engueulades” d’autrefois.
Plus d’une fois, nos visiteurs nous ont dit que notre maison respirait la paix. Même si nous en sommes flattés, nous n’en tirons aucun orgueil, car nous savons que c’est l’oeuvre de Jésus.

Maintenant, nous disons : “Merci, Jésus, d’avoir rétabli l’harmonie dans notre maison et de nous donner une vie paisible !”